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Laïcité et droits des femmes

Juin 09 2016
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« Se sentir lié à sa communauté ne doit pas nous empêcher de nous définir en termes plus larges, de faire preuve de tolérance et d’empathie envers les autres. C’est lorsqu’une personne met l’accent sur un seul paramètre de son identité qu’elle s’expose, qu’elle devient vulnérable à la manipulation de la part des partisans du chauvinisme ethnique ». Amartya Sen

Je partage cette vision de la tolérance et la conception d’une société respectueuse des identités culturelles et de l’égalité entre les hommes et les femmes. La laïcité en est le fondement juridique. Elle conjugue libertés religieuses, égalité entre tous et pacte républicain. Face aux intégrismes qui figurent parmi les formes contemporaines des violences contre les femmes, elle garantit, au nom des valeurs républicaines et des principes universels, les droits fondamentaux des femmes.

Elle doit être interprétée sans faiblesse, avec responsabilité et exemplarité. Si certaines pratiques sont interdites dans la sphère publique, à l’image de la burka, c’est précisément en référence essentielle à une République laïque. Cela a été le cas de la plupart des conquêtes féministes fondées sur la référence au socle universel que représente les droits fondamentaux des femmes consacrés par la Convention des Nations Unis pour l’élimination des discriminations faites aux femmes : droit à l’éducation, liberté de disposer de son corps, égalité professionnelle et articulation de la vie privée…

Alors qu’aujourd’hui un retour du religieux dans le débat public est constaté, plus que jamais, il est essentiel de soutenir la laïcité et les droits universels des femmes. La France a une responsabilité en la matière. Elle ne légifère pas seulement pour elle-même mais pour toutes les femmes qui partout dans le monde souffrent et qui voient dans tout progrès, ici, un espoir pour elle. Les femmes, et avec elles, toutes les sociétés, les organisations féministes, ont le devoir de s’opposer à toute forme d’extrémisme religieux, contraire à l’égalité et à la dignité de tout être humain. C’est le sens de l’évènement que nous avons organisé à New York en 2015 lors de la Commission des droits de la femme sur le thème « Femmes contre extrémisme : au nom de Dieu ? ». C’est aussi le sens de ma réélection attendue aux Nations Unies où je porterai dans quelques jours la voix et les valeurs de la France.