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Les droits des femmes ne sont pas négociables

Mar 08 2017
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Changer la donne, donner à l’égalité un contenu réel et tangible au moment où tant de reculs apparaissent dans le monde, comme au cœur de nos sociétés, est notre exigence pour les 5 années à venir.

Elle l’est en France, dans un pays désenchanté, confronté à l’échec politique et économique, soucieux d’une politique plus interactive et participative plus ouvert aux femmes et à la diversité.

Elle l’est en France, face au chômage de masse, qui a contribué à jeter des millions de femmes dans la précarité et dans une réelle vulnérabilité. Emploi précaire, temps partiel, retraites faibles, absence des femmes des secteurs clés, aux postes stratégiques… que dire des adolescentes et jeunes filles de nos banlieues, si éloignées de la République, abandonnées aux règles sociales ou religieuses de quartiers de non droit, que dire des sciences d’avenir, du monde numérique qui reconfigurent notre vie sociale et économique, que dire de l’égalité professionnelle, de l’égalité salariale qui en dehors de nos très grandes entreprises n’ont pas réellement progressé depuis 5 ans ?

Bien au contraire, la pauvreté en France en 2017 a le visage d’une femme.

Plus encore, l’espoir a quitté nombre d’entre elles, contraintes de composer avec une régression réelle de leurs droits allant jusqu’à, pour certaines, supporter des situations de violence, des emplois qui ne rapportent rien, une vie de galère.

L’égalité commence, ici, en France, dans le combat que nous devons mener, tous ensemble, pour que les Femmes soient à l’avant-garde du redressement économique et politique de notre pays, ce qui impose un gouvernement paritaire et un partage des responsabilités à tous les niveaux d’organisation de l’Etat et des collectivités territoriales.

Il est nécessaire d’engager une politique d’égalité professionnelle garantissant l’accès des femmes à l’ensemble des formations, des secteurs clés et des postes de responsabilité. Qu’il s’agisse de l’agriculture contemporaine ouverte au bio performant, qu’il s’agisse du secteur numérique où les initiatives que nous menons avec les responsables de cette nouvelle filière sont essentielles pour la conception et l’organisation du monde à venir. Mais nous devons aller plus loin et assurer l’égalité réelle, à tous les niveaux, de la formation à la décision, avec un plan stratégique, des objectifs de résultat, un engagement national.

La famille, sous toutes ses formes, doit être soutenue et singulièrement les familles monoparentales. Combien de femmes courageuses doivent encore assumer un parcours d’obstacles pour réussir leur vie professionnelle et personnelle ? Les modes de garde doivent être encore renforcés, simplifiés, diversifiés, dans leurs horaires et leur coût.

Pour les hommes comme pour les femmes, l’ergonomie sociale est un enjeu de société. Favoriser la flexibilité dans l’organisation du travail, faire des technologies de la communication un nouvel atout de la formation et de l’emploi à domicile, favoriser les nouveaux statuts d’entrepreneurs individuels, chacun sait que ce sont les clés d’une société plus fluide, mieux adaptée à la réalité du monde, à la liberté individuelle et à la réussite collective.

Les femmes incarnent ce changement.

Ni rattrapage social, ni victimisation, juste l’intelligence d’une société qui reconnaît l’égalité de ses talents et de la République qui sait que sans les femmes, elle reste une démocratie inachevée.

L’accès aux postes de décision doit être le principe actif des entreprises comme de l’Etat.

Loin d’une contrainte, il s’agit d’un investissement. Les partis politiques devront assumer cette exigence de manière déterminée, et en faire une règle sans dérogation. La répartition des postes de décision, actuelle, à tous les niveaux de notre organisation administrative centrale, territoriale, y compris décentralisée, incarne aujourd’hui un retard culturel inacceptable et participe directement à la désaffection de nombreux citoyens soucieux, à juste titre, d’une représentativité plus exemplaire.

Les femmes veulent la liberté. Leur liberté. Première élément de la trilogie républicaine qui précède dans tous les sens l’égalité. La liberté du choix, de leur décision, de leur vie. La liberté, comme l’égalité, ne sont plus négociables pour les femmes au 21ème siècle. Elles sont responsables de leur corps, comme de leur vie.

Quel sens aurait l’action politique si nous n’étions pas convaincus de cette nécessité ?

Nous devons dans les 5 années qui viennent, faire de l’égalité une force pour la France. Oui à l’égalité réelle des droits, des chances, à l’égalité républicaine.

Avec la société civile, les réseaux associatifs qui portent ce combat depuis toujours, nous devons par la loi, par le dialogue social, par des engagements politiques clairs, replacer la France à la tête de cette exigence nationale et internationale.

De Kaboul à Lagos, les femmes restent les premières victimes des conflits, des violences et des crises. Pourtant, elles s’affirment du plus profond de leur détresse comme des forces de paix et de progrès. Quel message, quel signal donneraient la France et l’Europe à ces combattantes de l’égalité si nous ne respections pas nos propres devoirs ?

  • celui de l’exemplarité dans le respect de nos obligations internationales, notamment de la Convention Cedaw, que la France porte à l’ONU.
  • celui de la responsabilité de faire de l’égalité une chance pour notre pays, en lui donnant un contenu réel, quotidien et plus encore en en créant une force commune de l’égalité.
  • celui de la solidarité avec les femmes du monde entier qui se battent pour le respect de leurs droits fondamentaux, et trop souvent encore pour leur vie.

La France porte en Europe et dans le monde une mission historique dans le domaine des droits de l’Homme. Loin de ceux qui pensent qu’il s’agit d’un altruisme dépassé, c’est une force considérable que celle d’opposer la force du droit à la force brute. Le respect des droits de l’Homme demeure le combat de ce siècle. Il fonde les causes les plus justes. Il est une force pour ceux qui le mènent.

Faisons de la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes, celui d’un monde meilleur, plus juste, plus intelligent, plus digne.