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08
Mars13
  Egalité -Femmes

8 mars - Ouest-France : La crise frappe davantage les femmes

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A new-York jusqu'à hier, Nicole Ameline s'est exprimée à l'assemblée des Nations Unies. A l'ONU, elle est présidente du Comité de lutte contre les discriminations faites aux demmes.

Trois questions à... Nicole Ameline

Etre une femme aujourd'hui est-il plus difficile qu'hier ?
Une enquête en Grèce le montre : l'impact de la crise économique touche, en premier lieu, les femmes. Souvent travailleuses précaires, elles subissent plus de discriminations, plus de violences. Leur vulnérabilité économique crée leur vulnérabilité sociale.

Comment expliquer qu'elles soient tellement vulnérables ?
Même si la condition féminine a connu de vrais progrès, l'accès massif des femmes au marché du travail est récent. En période de crise, elles ont donc tendance, naturellement, à se retirer du marché de l'emploi. Souvent salariées à temps partiel, elles sont moins rémunérées que les hommes et la reconversion leur est moins accessible. La formation continue est primordiale.

Elles sont victimes de la crise partout ?
Je ne crois pas que la femme soit une victime prédisposée ! Elles montrent d'ailleurs, bien souvent, une force inouïe. Les Afghanes, par exemple, répètent avec force qu'elles sont prêtes au combat de leur cause. Je souhaite que leur courage déteigne sur l'Europe. Il appartient aussi aux femmes de se battre, et elles ne doivent surtout pas relâcher l'effort d'émancipation, aujourd'hui plus qu'hier, car les codes ont la vie dure. Il faut notamment travailler sur l'orientation professionnelle des femmes, qui, elles-mêmes, se tournent vers les métiers qui leur sont traditionnellement attribués. La formation, c'est l'élément majeur d'émancipation, valable partout dans le monde.

Corinne PRINTEMPS - Ouest France

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10
Jan13
  Egalité -Femmes

Dimanche, ensemble à Paris

4 commentaires
La promotion de l’égalité des droits en faveur des couples homosexuels fait consensus dans notre société.
 
Le gouvernement pouvait utilement réunir les Français sur une évolution positive du Pacs. Il a choisi la dissolution de la famille, au sens du code civil, et la rupture avec l'ordre biologique et anthropologique de la société.
 
Ce choix méritait un débat national.
 
L’expression  « Ouvrir le mariage aux couples homosexuels » est, du reste, impropre juridiquement. Le principe du mariage s’est construit de manière exclusive sur l’union d’un homme et d’une femme et sur la distinction sexuelle, non sur l’orientation sexuelle.
 
La proposition du gouvernement n’est, de ce fait, pas l’ « ouverture » d’un droit mais sa déconstruction. Elle transforme fondamentalement une institution. En ramenant ce choix à un slogan politique - le mariage pour tous - le gouvernement fait preuve d'une coupable légèreté. 
 
Si on admettait en effet une telle décision, l’ensemble des effets juridiques du mariage s’imposerait ipso facto, notamment en termes de filiation. Si ce n’était pas le cas, de nouvelles inégalités seraient créées.

C'est dire que le droit à la PMA et à la grossesse pour autrui, s’il advenait que cette pratique soit admise, s'inscriraient directement dans le prolongement du texte proposé par le gouvernement. Comment accepter cette logique qui conduirait à terme à une marchandisation du corps des femmes.
 
Deux questions se posent :

Jusqu'où la science doit-elle servir le désir d'enfant et la procréation de complaisance ?
Sur quels fondements éthiques et moraux reconstruit-on, ce qui, aujourd’hui, se décompose ?

Notre groupe parlementaire a choisi de proposer un nouveau contrat, l’alliance civile, qui répondrait au vœu légitime des couples homosexuels. Je souhaite parallèlement que le statut de beaux-parents soit très sensiblement amélioré afin de mieux répondre aux situations qui appellent une actualisation juridique.

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Commentaires
jeanine bossey le 11/01/13 à 10:35
je ne peux pas participer à cette manifestation
mais je ne partage pas du tout le mariage des homosexuel (qu'ils fasse leur vie sans trop d'étalage) mais par-contre si nous acceptons ceci avons nous pensé à la France de demain, sur le train que nous sommes parti dans 20 ans il n'y auras plus de famille, ce que j'appelle famille c'est ce que nous nous avons connu, un papa une maman des papi et mamie!!! quand à la P M A alors là, non (ou allons nous!!!)

Marie-Hélène Benoit le 10/01/13 à 21:34
Je ne peux malheureusement pas me rendre à Paris dimanche, mais je vous soutiens totalement dans votre démarche. J'ai une grande confiance en vous. Une fois encore je vous remercie pour tout ce que vous faites. A très bientôt à Trouville-Deauville. Très cordialement. Marie-Hélène Benoit

Lecarpentier-Gilbert le 10/01/13 à 21:25
Je regrette de ne pas pouvoir participer à cette
manifestation que j'espère sera positive NON au
mariage pour tout ce qu'il représente.....
Pourquoi ne pas améliorer le pacs?
Ne pas toucher au mariage( Union homme femme pour la procréation
Après le mariage ,nous aurons droit à quelle réforme
Que deviennent nos valeurs??

intersexué le 10/01/13 à 18:03
madame alors que nous parlons l'Europe a reçu le rapport de la commission européene :
" Trans and intersex people : Discrimination on the grounds of sex, gender identity and gender expression "

La France y est épinglé pour sa discrimination
envers les personnes intersexuées.

Peut être ne savez vous pas ce qu'est une personne intersexuée ou refusez vous de le savoir, je vous ai déjà déposé un message sur ce sujet sur ce site internet.

Les personnes intersexuées sont 1/2000ième de la pollulation française, bien plus dans d'autres pays, vous me direz nous sommes une quantité négligeable de l'éléctorat.

Les intersexué(e)s sont né(e)s avec des organes génitaux féminins et masculins, la loi n'acceptant en France que le genre masculin ou le genre féminin ils sont donc déclarés dans l'un ou l'autre genre alors qu'ils auraient aussi bien pu l'être dans le genre opposé.

La définition du système reproducteur n'arrive que à la puberté, ainsi des personnes intersex se trouvent en couple avec des personnes dont le sexe légal est le même que leur sexe légal déclaré er bien qu'ils puissent avoir des enfants ils ne peuvent se marier en France faute d'une loi les autorisant.

Le mariage est un contrat entre 2 personnes qui n'a rien à voir avec dieu c'est seulement la reconnaisance d'un couple par l'état, alors
refuser à ces personnes le mariage est une discrimination, cela veut dire que vous ne les
considerez pas comme des citoyens à part entière.

Si la France exclut une partie de sa population alors cette part de la population n'a plus aucun devoir envers ce pays.

Le mariage est un droit fondamental sur lequel a été batti la république, sans elle, sans ce droit inaliènable alors c'est la base même de la république qui disparait.

Je suis français mais si la France rejette ce
droit alors elle n'a plus aucune existence légale ce n'est plus qu'un état totalitaire auquel je ne me soumetterait plus.




26
Nov12
  Egalité -Femmes

Femmes afghanes : tribut de la paix

 
Les guerres contemporaines exacerbent les violences contre les femmes. De Bamako à Kinshasa, de Kaboul à Damas, les femmes sont, partout dans le monde, les premières victimes des conflits et des crises, même si, dans le même temps, elles sont aussi des forces de progrès et de paix.
C’est à cette cause que nous, femmes députés de l’UMP, souhaitons dédier en priorité la journée consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes.
Conscientes de la situation d’extrême violence subie par les femmes dans les pays en crise ou dans les zones de conflit, et singulièrement sensibles aux appels des femmes afghanes, nous demandons à la France de renforcer sa vigilance au moment du retrait de ses troupes d’Afghanistan. Si l’intervention de la communauté internationale a permis, depuis une décennie, de réelles avancées dans le domaine de l’éducation, de la participation des femmes à la vie publique, professionnelle ou associative, force est de constater que ces progrès partiels et fragiles appellent une consolidation législative et institutionnelle.
Comment ne pas redouter que les femmes afghanes n’aient à payer aujourd’hui à la paix, le tribut qu’elles ont déjà payé à la guerre ?
Comment ne pas voir dans le processus de réconciliation engagé et le processus de paix négocié, le risque d’un retour des Talibans et d’une remise en cause des droits fondamentaux des femmes.
Le respect des cultures, des traditions et des religions ne saurait en effet faire obstacle à la protection des « Droits fondamentaux », ce socle de valeurs universelles qualifié par Boutros Boutros Ghali « d’irréductible humain ».
La France est engagée. Elle l’est au Conseil de Sécurité où elle porte avec détermination sa vision des droits des femmes, ainsi que dans les plus hautes instances de l’ONU. Elle l’est aussi à travers son plan « femmes et conflits » inspiré de la résolution 1325 qui vise à associer les femmes au processus de paix et à la prévention des conflits.
Elle l’est enfin par son action en faveur du développement. C’est à ce titre que nous appelons le gouvernement à exiger des garanties fortes sur le rôle et la participation des femmes au processus de transition engagé.
Quel sens aurait notre engagement s’il ne servait pas l’égalité ?
Quel sens aurait l’action de la France si elle ne mettait pas son soutien financier à l’Afghanistan en cohérence avec ses principes et sa vision du droit des femmes ?
Le 30 novembre, le Conseil de Sécurité marquera le 12ème anniversaire de la résolution 1325. La Communauté internationale doit tout faire pour que l’Afghanistan se reconstruise, ni sans les femmes, ni contre elles mais avec elles.




25
Nov12
  Egalité -Femmes

Journée des violences faites aux femmes

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A l'occasion de cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, je vous recommande, si vous êtes victime de violences, ou si vous connaissez une personne dans la difficulté, de contacter le

Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Calvados.


Le CIDFF écoute, informe et accompagne les femmes victimes de violences. Il propose des actions de formation et de sensibilisation aux partenaires concernés et dans les établissements scolaires.

10 rue Roger Aini
14100 Lisieux.
Les locaux sont ouverts à tous
02 31 62 32 17
cidfflisieux@wanadoo.fr

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07
Déc11
  Egalité -Femmes

Superbe mobilisation des femmes au nom de la solidarité !

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Superbe mobilisation des femmes Jeudi dernier au Petit Grenier à Sel d'Honfleur ! Nous étions plus de 150 personnes à assister en présence de l'Ambassadeur aux Droits de l'Homme, François Zimeray, au lancement officiel du réseau "Femmes France Solidarité".
 
Retrouvez le réseau par ce site sur l'onglet "Femmes solidarité" et par Facebook.

Vous y découvrirez ou y ferez connaître les initiatives de femmes et d'associations de femmes souhaitant agir ou s'investir pour d'autres femmes.

François Zimeray, notre Ambassadeur pour les droits de l'Homme, a su toutes nous passionner et nous faire prendre conscience, s'il en était besoin, de l'importance et la nécessité de nous mobiliser pour faire respecter les droits de tous.
Un premier message nous a été adressé depuis la Côte d'Ivoire, par la Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant, dans lequel un appel urgent a été lancé pour soutenir ces femmes ivoiriennes, victimes des pires exactions commises pendant la crise électorale. Dans quelques jours ont lieu les élections législatives. Encourageons ces femmes qui malgré les difficultés s'engagent dans le vie publique et en politique.  

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06
Déc11
  Egalité -Femmes

Prostitution et trafic d'êtres humains : l'esclavage moderne

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L'Assemblée Nationale discute aujourd'hui une proposition de résolution réafirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution.

La prostitution est une violence. Elle repose sur la marchandisation du corps et l'exploitation de la nature humaine. La croissance des réseaux de proxénétisme dans le monde est en pleine expansion, et cela sur fond de crise. Ces réseaux exploitent d'abord les plus faibles, les femmes et les enfants.

Aussi, combattre la prostitution, c'est :

  • condamner le principe : la France est abolitionniste et refuse de considérer cette activité comme normale.
  • Renforcer notre soutien aux femmes victimes de ces réseaux, combattre la prostitution transnationale et faire de ces trafics un crime contre l'humanité.
  • Favoriser un changement de culture qui passe par la responsabilisation des clients à travers l'éducation, les médias et le droit.
  • Faire la promotion du respect des droits de l'Homme et faire que les femmes demeurent des sujets de droit et non des sujets d'exploitation.

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03
Oct11
  Egalité -Femmes

Libertés, liberté-e-s

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Le site Libertés, liberté-e-s a consacré son "portrait d'otobre"
à Nicole Ameline.
Retrouvez ici l'intégralité de cet entretien.


Portrait d’octobre : Madame la Ministre Nicole Ameline

Chaque mois, notre blog consacrera dorénavant un peu de son espace au portrait d'une femme ou d'un homme dont l'action pour les droits et libertés des femmes est particulièrement remarquable. Pour inaugurer cette série, nous avons pu nous entretenir avec Madame Nicole Ameline, première femme Ministre de la Parité et de l'Egalité professionnelle, aujourd'hui députée du Calvados, conseillère régionale de Basse-Normandie, membre de la commission consultative des droits de l'Homme et experte au CEDAW(1). Elle nous a reçu après une séance à l'Assemblée, entre un  retour dans sa circonscription et un départ pour New-York. Son engagement est vif et communicatif.

***************


Juliette Gaté (J.G): Le grand public a essentiellement découvert votre engagement pour les droits  des femmes au moment où vous avez été nommée Ministre de la Parité et de l’Egalité Professionnelle en 2002.  De quand diriez-vous que date votre sensibilité à cette cause?

Nicole Ameline (N.A) :Le droit des femmes, la question de la parité, de l’engagement féministe est toute ma vie.

Dès l’âge de 17 ans, j’ai fait du droit et préparé Sciences-Po car j’ai tout de suite compris que le droit des femmes était capital. L’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing au pouvoir et la loi de Simone Veil sur l’avortement en 1974 m’ont donné le sentiment que nous étions dans une formidable époque. Je trouvais que le fait de maîtriser sa descendance permettait enfin l’appropriation par les femmes de leur propre destin.
 

Ma grand-mère était très engagée, ma mère a souffert  d’être exploitante agricole sans en avoir le statut : j’ai toujours construit ma vie en me disant que la cause des femmes était capitale et  qu’il fallait imposer une nouvelle conception de la vie des femmes.
 

J’ai rencontré Michel d’Ornano en Normandie. Il m’a fait confiance. Il m’a élevée en politique, m’a demandé d’être sa suppléante car il considérait qu’il n’y avait pas assez de femmes à l'Assemblée nationale. Nous étions en 1988.
 

Dans la campagne augeronne, une femme d’une trentaine d’années députée était extraordinaire. Il m’a demandé d’être députée suppléante à part entière. J’allais à l'Assemblée avec lui, je le remplaçais souvent.

Lorsqu’il a disparu tragiquement en 1991, je l'ai remplacé. Ça n’a pas été facile. On pensait que j’allais juste terminer le mandat puis laisser ma place à un autre. Le fait d’être une femme m’a donné le sens d’un combat renforcé au regard du combat politique traditionnel.
 

J.G: Quelle est la plus grande fierté de votre exercice ministériel ?

N.A : Plusieurs. J’ai fait avancer deux choses très importantes.

J’ai participé à la prise de conscience des femmes que la violence est illégitime. J’ai fait avancer la loi sur l’éviction du conjoint violent et permis l’aggravation des sanctions pénales car les violences conjugales étaient moins sanctionnées que d’autres violences.

J’ai fait aussi avancer les choses en montrant que lorsqu’une femme devient mère de famille, elle n’a pas à être sanctionnée lorsqu’elle revient dans l’entreprise. J’avais constaté qu’après une naissance, les femmes n’avaient pas d’augmentation de salaire ou de progression de carrière pendant au moins un an. Comme si on ne lui pardonnait pas. J’ai aussi créé les premières crèches d’entreprises.

 

Je n’oublie pas non plus l’international. J’ai toujours considéré que la France, concernant le droit des femmes, avait un devoir d’exemplarité pour les  femmes dans le monde. J’ai beaucoup aidé les femmes afghanes. Je me suis engagée aux Nations-Unies où maintenant je suis élue pour faire en sorte que la France soit présente pour la cause des femmes dans le monde.

Il ne faut jamais oublier que pendant que nous parlons une femme meurt toutes les minutes, parce que son accouchement n’est pas sécurisé, parce que des centaines de millions sont victimes de viol, de violence etc. Je ne dissocie pas le combat pour les femmes en France, du combat universel.
 

J.G: Quel est votre plus grand regret ?

N.A:  Mille ! J’ai été trois fois ministre. La dernière fois, je suis restée trois ans. Nous

avions créé une dynamique sur l’égalité professionnelle avec les syndicats. J’avais créé un consensus entre les syndicats,  des plus opposés traditionnellement au gouvernement jusqu’au MEDEF. Nous avions fait un tour de France de l’égalité professionnelle  en créant un label égalité. Je suis d’ailleurs actuellement présidente d’une fondation  européenne sur l’égalité profesionnelle avec les plus grandes entreprises françaises, mais nous aurions pu aller plus loin et plus vite. J’ai quitté le gouvernement en 2005 et il ne s’est pas passé grand chose sur ce terrain depuis.
J’aurais également aimé engager une offensive sans précédent sur l’autonomie sociale des femmes ; le grand défi du XXI° s est l’autonomie sociale des femmes ;  l’autonomie financière, professionnelle des femmes. Les divorces sont nombreux, les femmes doivent assurer leur autonomie. C’est indispensable. Après elles discutent, contractualisent, elles organisent leur vie, mais elles sont d’abord autonomes.
 

J.G : Beaucoup de femmes ont été déçues par le décret pris après la loi sur l’égalité salariale. Même l’observatoire de la parité a fait paraître un communiqué en ce sens cet été. Qu’en  pensez-vous ?Pourquoi ne parvient-on pas à mettre en place des mesures contraignantes et êtes vous pour ces mesures ?

N.A J’avais prévu un dispositif contraignant car les entreprises étaient taxées si elles ne

mettaient pas en place une stratégie de ressources humaines. Il faut être très clair, aucune entreprise n’embauche une femme en se disant : "je fais une bonne affaire, je vais la payer moins cher qu’un homme." Ça n’existe pas. Ce qui se passe c’est que le parcours est beaucoup plus semé d’obstacles pour une femme que pour un homme. La femme va s’auto-résigner. Elle se dit:"je suis déjà là, c’est déjà pas mal ». Nous avons été exclues du travail et du savoir pendant des siècles, cela laisse des traces dans notre inconscient. Et puis elle intériorise tous les obstacles réels de sa vie,    se dit « il faut  que je sois rentrée vers 18 h, le week-end, je ne peux pas faire un stage de formation , une augmentation de salaire n’est pas méritée alors que j’ai été absente trois jours pour m’occuper de mon enfant »…Ce parcours d’obstacles, très différent des hommes, fait que l’homme progresse naturellement dans l’entreprise, pas la femme. J’avais interpellé les chefs d’entreprise à ce propos. En leur disant que, sans forcément s’en rendre compte, ils ne donnaient pas les mêmes chances aux hommes et aux femmes.Il ne s’agit pas d’une vision dépréciée des femmes mais d’un parcours différent.
 

Il y a des actions à mener dans l’entreprise mais aussi hors entreprise. Il faut changer l’environnement social, la culture, les services. Il est vrai que que les hommes se considèrent encore trop souvent comme les breadwinner, qui apportent le financement du ménage, et que les femmes sont en charge de l’organisation du ménage. Ces rôles sociaux restent ancrés et pénalisent les femmes dans leur carrière.
 

Deuxièmement, il faut convaincre les chefs d’entreprise qu’une femme qui a un enfant n’est pas moins productive mais est aussi compétitive sinon plus qu’une femme qui n’en a pas.Le fait d’avoir un enfant ne range pas définitivement les femmes dans le rôle de mère et pas de collaboratrice. Il y a des changements culturels autant que législatifs.Sur le plan législatif, il faut imposer aux entreprises d’avoir une stratégie très claire de vigilance de gestion des Ressources Humaines qui fasse qu’ils veillent à ce que les femmes aient autant de chance de progression dans l’entreprise que les hommes, en passant par des mesures volontaristes de type, on met forcément une femme à niveau égal à un poste plutôt qu’un homme.
 

Alors que concernant les violences, on a franchi un cap psychologique progressif, ce n’est  pas encore le cas sur ce terrain. Quand vous voyez un homme et une femme, spontanément, vous demandez à un homme: "que faites-vous ?" Rarement à une femme. Et puis il y a encore ces femmes qui se présentent comme « la femme de » …
 

En anglais il existe le terme empowerment. C’est très important. Les femmes doivent prendre le pouvoir d’abord sur elles –mêmes. Se dire, « je suis capable, je suis légitime ». Ce n’est pas toujours le cas. Je le vois moi-même. Lorsque je propose à des femmes des postes importants. Elles me répondent. « Vous croyez vraiment ?». La prise de pouvoir sur soi est essentielle. Les femmes ont été très longtemps, de manière séculaire, dans un rapport de séduction dans la société.Elles doivent être aujourd'hui dans une logique d’affirmation.Passez de ce lien de séduction à cette logique d’affirmation est une révolution culturelle.
 

Les femmes sont plus brillantes dans leurs résultats dans des domaines extraordinaires. Elles disparaissent ensuite.Il y a sans doute là une intériorisation des difficultés ou un poids de l’histoire qui fait qu’on se dit comme Bernanos : « Le démon de mon cœur s’appelle à quoi bon ? » Vais-je vraiment m’engager dans ce parcours de combattant ?  Quand un enfant arrive, les priorités se décalent un peu.La femme se demande s'il faut vraiment construire une carrière.Être une battante voire une combattante car il faut vraiment se battre pour construire une carrière de femme. Comme un homme. Mais une femme a  à faire des choix, et des compromis.
 

J.G :Le droit peut-il aider à cela ou doit-on seulement provoquer une révolution culturelle?

N.A: C’est une bonne question
. Pendant des siècles, le droit n’a pas été du côté des femmes. Il a même été contre les femmes. Le code civil est contre les femmes. Les rendre mineurs incapables comme les fous a été une chape immense. Le droit est du côté des femmes aujourd’hui. Dans tous les domaines, la violence par exemple.Je parle beaucoup des violences. C’est très important pour les femmes,  car quand vous savez que vous pouvez être une victime d’agression sexuelle, notamment, qui n’est pas sanctionnable, vous êtes dans un état d’esclavage, d’infériorisation légale. Aujourd’hui, les récents évènements montrent que les femmes parlent, se défendent, attaquent. Le droit est du côté des femmes et les femmes doivent le savoir. Dans tous les domaines, même s’il y a encore des lacunes,  sur le divorce par exemple.  Je suis aux Nations Unies dans le comité qui balaie toutes les discriminations des droits nationaux du monde ; on s’aperçoit que le nôtre n’est pas exempt de reproches. Mais, objectivement, en Europe et en France nous avons fait des progrès considérables. Il faut que les femmes s’approprient le droit et  l’accès à la justice.
 

J’ai fait entrer le sexisme dans la loi. Ce qui était une grande évolution pour les féministes puisqu’on a mis le sexisme au même rang que le racisme. Les femmes ont longtemps été dans une situation assez comparable à un peuple non-émancipé qui s’affranchit peu à peu d’une situation d’infériorité. Le racisme n’est pas si loin. J’ai été très fière de ça. Ça a été difficile et douloureux. Simone Veil m’a dit un jour que nous avions  mené les mêmes combats. C’est très généreux à elle, mais c’est vrai que j’ai mené des combats douloureux. J’ai lu dans les yeux des autres qu’il n’était peut-être pas nécessaire de faire sortir les femmes d’un statut inférieur qui arrangeait tout le monde. Heureusement, j’ai été très soutenue par le gouvernement, totalement. Je me suis battue, on a gagné. J’avais dit à certains de mes collègues de gauche et droite que voter contre cette révolution qui consiste à dire que les femmes doivent être respectées comme n’importe quel être humain les obligerait à s’expliquer devant leurs électeurs dans leurs circonscriptions. C’était un très bon argument (rires). Aujourd’hui il faut que les femmes soient sûres d’elles-mêmes. C’est le principal conseil que j’ai à leur donner. S’affirmer dans leur légitimité. Autonomie et assurance nouvelles car le droit est de leur côté.
 

Dans toutes les expertises internationales, j’affirme que le droit fait évoluer les sociétés.

Mais attention. Quand j’étais au gouvernement un journaliste m’ a demandé s’il ne faudrait pas construire plus de refuges pour les femmes battues. Je lui ai demandé s’il songeait vraiment que ça puisse être mon objectif ? Je préfèrerais que vous me demandiez quand on va les fermer. La question n’est pas anodine ; pour beaucoup le statut des femmes reste celui de victime. Il faut refuser cela aussi. Il faut absolument dire aux femmes,certes on peut être victime mais on est debout ensuite, et l’on s’en sort et on a tout pour ça ! Le système fonctionne. Avant une femme battue devait quitter la maison pieds nus avec sa valise, aujourd’hui un dispositif efficace la protège et la prend en charge très vite. Je m’occupe aussi des enfants maltraités. Un enfant de trois ans ne peut rien faire.Une femme, maintenant, peut faire et elle n'a pas le droit de ne pas faire, de supporter une violence devant ses enfants. Les femmes sont responsables. Il y a  dix, quinze ans, on devait les protéger. Aujourd’hui, comme l’a dit ma dernière campagne de ministre, « L’égalité, il faut juste le vouloir ».
 

Croyez-vous à l’effectivité du droit, particulièrement du droit international qui est souvent présenté comme une simple déclaration de bonnes intentions sans portée contraignante ?

N.A: Non seulement il faut croire à l’effectivité du droit, mais c’est la condition absolue du développement des sociétés. Se pose d’ailleurs parfois la question de la diversité culturelle, de la relativité du droit, mais nous considérons qu’il y a  un socle du droit opposable, les droits fondamentaux. Les sociétés se construisent sur des règles et principes :  si vous n’avez pas un  principe de non-discrimination, de respect des victimes, de droits de la défense dans la construction des sociétés, vous avez le risque de nouveau conflit, d’une consolidation des inégalités et vous avez une société qui n’est pas démocratique.
 

Pour les femmes, c’est le principe d’égalité et sa défense.  Le problème ce n’est pas le droit mais l’application  du droit et les moyens de l’appliquer . Nous voyons bien que la convention pour l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes (CEDAW) a été adoptée par 186 pays sur 193. On pourrait se dire que tout va bien. Mais quand on sait que M  Kadhafi était l’un des premiers à signer… dans le seul but de faire de la propagande. Donc, la vraie question est l’application. C’est pour cela que je  mobilise beaucoup l’Europe et la France. Il faut être vigilant dans nos partenariats. Il ne s’agit pas de faire de la conditionnalité, mais il faut dire : « on peut vous soutenir, mais il faut avancer ». Donc, dans notre propre comité de contrôle de la convention internationale nous disons aux pays, « nous comprenons très bien que vous êtes très pauvres, vous sortez d’un conflit, mais on va procéder par étape et vous allez nous dire clairement quelle est la prochaine étape et votre objectif de résultat. » Même modeste, on avance. L’idée de dire que la convention est très  belle mais reste dans le tiroir n’est pas intéressante.
 

La France n’est pas exempte. Nous mettons beaucoup d’énergie à construire les conventions et les défendre, mais ne les respectons pas toujours. Ce comité dont je suis vice-présidente a pour objet de pousser les états à avoir des mécanismes de contrôle et de sanctions des conventions internationales dans leur propre droit. Je voudrais doter la France d’un mécanisme de cette sorte car nous devons donner l'exemple.Surtout, il faut que chaque peuple et chaque état comprenne qu’il y a une universalisation des droits fondamentaux et qu’on ne peut échapper au regard de la société civile. C’est un élément neuf. En interne comme en international, la société civile s’empare d’un certain nombre de sujets. Sans constituer une véritable agence de rating nous avons à l’intérieur de notre comité une sorte de juridiction. Quand tous les recours sont épuisés dans un pays, une femme peut dire: " j'ai été discriminée". En ce moment, nous examinons des dossiers du Canada…La France a été pointée du doigt, mais l’affaire n’était pas juridiquement fondée.  Nous pouvons condamner le pays à réparer de manière civile un préjudice. Si la publicité est faite de cette condamnation, l’effet politique est certain.Nous avons décidé d’appliquer strictement ces règles.
 

J.G: Que pensez vous des révolutions arabes et croyez-vous qu’elles vont permettre une avancée du droit des femmes ?

N.A : Oui !

J’ai reçu le conseil national de transition libyen.C’était l’un des plus beaux moments de ma vie de parlementaire (elle semble visiblement émue).Je leur ai expliqué la Constitution, la séparation des pouvoirs, l’approche genre transversale (mainstreaming) . Magnifique ! Je n’aurais jamais pensé faire ça de ma vie. J’ai  trouvé une très bonne réceptivité. Mon sentiment est que le droit des femmes est totalement compatible avec l’Islam. C’est l’interprétation extrémiste qui arrive dans certains états qui pose problème. Nous sommes très investis. Pour ne rien vous cacher, je porte une initiative qui consisterait à engager L’ENA dans des circuits courts de formation sur le leadership féminin (économique, politique) dans le monde arabe. Je veux pousser dans cette voie. Si je n’étais pas élue actuellement, je partirais 6 mois pour les aider.

M. Ouattara m'a aussi envoyé deux émissaires aux Nations-Unies. Avec le président et l’ONU, nous allons pousser pour qu’il y ait un quota de femmes aux prochaines élections de Côte d’Ivoire.

Pour moi, c’est un bonheur absolu. Si ces pays peuvent avancer grâce à nous un tout petit peu. On les met sur une voie de sorte que les femmes ne ratent pas la première marche. Nous avons raté les marches de la révolution, du XIX°s, on a failli rater celle du XX°s.
 

Je dis aux états, ne conduisez surtout pas des politiques pour les femmes, faites les avec elles ! Je me bats pour l’intégration des femmes dans les processus de décision. En Tunisie, la parité est inscrite dans la constitution. La Libye, on y est. Il va y avoir un effet "monde arabe". Ce n’est pas exempt de dérives et difficultés possibles, on a mis deux cents ans à faire la Révolution française. Mais le monde entier est engagé et il y a un enjeu magnifique.
 

Entretien réalisé  mercredi 28 septembre 2011.
 

(1): Commission veillant au respect de la  Convention de l’Organisation des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW) adoptée le 18 décembre 1979, ratifiée le 14 décembre 1983 par la France L'Union européenne a également participé à l'élaboration de la plate-forme d'action de Pékin/Beijing lors de la quatrième conférence des Nations Unies sur les femmes en 1995 ainsi qu’ la résolution à l’origine d’ONU femmes le 21 juillet 2010.


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20
Jan11
  Egalité -Femmes

Elue Vice Présidente du CEDAW

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Les experts siégeant à mes côtés aux Nations Unies dans la Commission chargée de l'application de la Convention internationale sur le droit des Femmes,

viennent de m'élire Vice-Présidente du CEDAW.


Je suis très fière de cette nouvelle fonction qui me permettra, toujours plus avant, de faire progresser la cause des femmes et reculer les inégalités.


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Commentaires
michele claude brissaud le 05/03/11 à 16:35
Bravo Madame,
Cette élection remarquable rend hommage a votre action inspirée et perséverante et à travers vous à la France des Droits de l'Homme. Nous sommes trés fières à vos cotés




25
Nov10
  Egalité -Femmes

Page ouverte, pour vous, Mesdames

3 commentaires
A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, j'ai souhaité vous ouvrir cette tribune.

Faites moi part de vos projets, de vos soucis, de vos envies, de vos inquiétudes.


Médecins, femmes au foyer, enseignantes, juristes, agricultrices, salariées, étudiantes, femmes maltraitées, femmes épanouies, femmes débordées, mamans ou pas, célibataires, femmes mariées... N'hésitez pas. 

Cette page est à vous.

Dites-moi vos préoccupations, et ensemble faisons avancer l'égalité entre les hommes et les femmes.


 Messieurs, vos commentaires sont également attendus.
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Commentaires
MULLER Christine le 02/12/10 à 10:58
Madame Ameline,
Merci pour ce blog dédié aux femmes.
Formons les femmes issues de l'immigration pour leur enseigner la langue française premier frein à leur intégration,et apprenons leur les valeurs démocratiques et républicaines !!! Il est essentiel de leur faire connaître leurs droits et devoirs . Car c'est la gent féminine qui transmet l'éducation dans le monde. Si les femmes sont instruites, les hommes seront moins sexistes !
Christine MULLER
Présidente de la Jeune Chambre Economique de Caen

Stéphane le 25/11/10 à 16:13
N'oubliez pas le 3919, un numéro pour toutes les femmes qui ont des problèmes.

Sylvie, Caen le 25/11/10 à 15:14
Je voudrais profiter de cette journée pour féliciter le CIDF (Centre d'information sur le droit des femmes) pour le travail exceptionnel qu'il réalise. Une de mes amies a pu grâce à cette équipe repartir à zéro après des années de souffrance et de galère.




25
Nov10
  Egalité -Femmes

Journée internationale contre les violences faites aux femmes

0 commentaire
Ce jeudi 25 novembre à l'occasion de la journée des violences faites aux femmes, Nicole Ameline participera à l'ouverture de l'exposition "Clients de la prostitution" réalisée à Caen par le Mouvement Le Nid. Cette manifestation lui permettra d'évoquer avec cette association, dont elle a soutenu le combat en tant que Ministre, ses inquiétudes face à la montée de la prostitution clandestine sur notre région, tout particulièrement à Caen, et sur la situation de ces jeunes femmes, le plus souvent originaires de l'Est.

A Pont l'Evêque, à 11H30, elle lancera en lien avec la municipalité et les partenaires judiciaires, le projet de Maison du Droit du Pays d'Auge destinée à accueillir les familles de notre région et développer des solutions adaptées aux victimes (accueil des victimes, accès au droit...).

A l'occasion de cette journée contre les violences et du cinquantenaire des indépendances africaines, Nicole Ameline ouvrira le colloque sur le développement  de l'Afrique et plus singulièrement pour les droits des femmes sur ce continent.
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